| |
La nouvelle vocation du Lac de l'Est a
pris forme progressivement. Tout comme sa vocation forestière, elle est
régionale et s'ouvre à une population géographiquement très étendue.
Résidants, campeurs, pêcheurs, chasseurs, amateurs de la nature ou
acériculteurs en occupent le centre d'activité.
Le Centre des
loisirs du Lac de l'Est
et son camping
A grands coups de projets, le ministère de l'Energie et des Ressources a
aménagé les abords du Lac. Quelques commerces sporadiques ont occupé
l'ancien édifice qui servait de cuisine aux compagnies forestières et
que l'on a longtemps appelé l'auberge depuis la fin des opérations
forestières. Tout est sujet à exploitation selon les saisons: l'été, la
plage et ses à-côtés, la baignade, le bateau et le ski nautique, et
l'automne et l'hiver, la pêche, la chasse et la motoneige.
En 1964, le Centre des loisirs du Lac
de l'Est (C.L.L.E.) a obtenu sa charte et a bâti le camping avec tout
l'équipement approprié, ce qui inclut une salle communautaire (auberge),
un poste d'accueil, des services sanitaires, un gardien de barrière et
un gardien de plage, des sentiers pédestres, enfin, tout pour assurer le
succès de l'entreprise.
Le Centre est accessible par les routes de Saint-Omer et de
Sainte-Perpétue de l'Islet. Quant à la route 287 reliant Mont-Carmel au
Lac, elle a connu des transformations majeures vers 1978-79 et est en
partie asphaltée. Hydro Québec se dirige à grands pas vers cette région
de plus en plus populaire. A l'époque des Plourde, il y avait le
téléphone, tout comme aujourd'hui mais il est maintenant acheminé sans
fil (radio téléphone).
L'entretien des chemins se fait durant l'hiver, mais il est remis en
question chaque année au Conseil municipal de Mont-Carmel.
Depuis 1964, les bénévoles se
succèdent sous les présidences successives de Pierre Lambert de La
Pocatière, Yvon Leblanc de Saint-Pamphile, Raymond-Marie Gagnon de
Saint-Pacôme, Maurice Hudon de La Pocatière, Priscilla Gagnon de La
Pocatière, Gilles Plourde de Saint-Jean-Port-Joli (ex. Mont-Carmel),
Johanne Plourde de Saint-Nicolas (ex. Mont-Carmel), Yves Bonenfant de
Saint-Pacôme, Danielle Caron de MontCarmel et Richard Lévesque également
de Mont-Carmel.
En février 1992, le Comité se compose de Gérard Paquet, président, Alain
Paradis, viceprésident, Suzanne Plourde, secrétaire, Gilles Barbeau,
trésorier et des directeurs Roland Lévesque, Ludger Michaud, Denis
Rousseau, Marc Roussel et Roch Dufour.
En 1991, le C.L.L.E. a fourni des emplois saisonniers à neuf personnes
grâce à un Programme de développement de l'emploi du fédéral.
La Baronnie de Kamouraska (Pourvoirie)
Approximatiquement à cinq milles du
Lac de l'Est, on retrouve aujourd'hui une pourvoirie dénommée Baronnie
de Kamouraska et autrefois Territoire de chasse et pêche de Mont-Carmel.
Ce qui était à l'époque le club privé des Plourde acquis vers 1951-53,
englobe quatre lacs aux abords faciles, soit le lac Dédié ou lac des
Coeurs appelé ainsi pour sa forme, le lac Perdu, le lac Cinq milles ou
lac des Plourde, et le lac du Rocher ainsi nommé parce qu'un rocher fait
un "mur" du lac.
Ces richesses écologiques apportaient alors d'agréables et abondantes
sources d'approvisionnement en truites arc-en-ciel et saumonées et en
chevreuils et orignaux. Pour en profiter, les frères Plourde
construisirent un chalet au lac Cinq milles et ouvrirent un poste de
gardien.
Le centre passa vers 1970 aux mains des frères Jean et André Bourdeau de
Rivière-du-Loup qui en firent une pourvoirie avec hôtellerie (l'ancien
chalet) et territoire de chasse et pêche surveillé. Les Bourdeau la
vendirent aux frères Boucher de Rivière-du-Loup puis elle fut achetée par
un Beauceron du nom de Marcoux. En 1984, des professeurs du Cégep de La
Pocatière en firent l'acquisition et en continuèrent l'exploitation;
mais ils l'utilisèrent surtout pour des fins d'enseignement dans le
programme de Techniques des sciences naturelles.
A la fin de 1989, deux Alsaciens de
Montréal, dont Michel Bushe, l'achetèrent et l'exploitèrent à des fins
tout autres que celles de nos sportifs québécois. On y pratique la
chasse à l'ours qui attire une clientèle
européenne surtout française et allemande prête à payer un forfait
"gastronomique" allant jusqu'à 4 000,00 $ pour les services
d'hôtellerie, d'auxiliaires-guides, de caches et autres. Le client est
accueilli à l'aéroport même, séjourne chez nous, parcourt un territoire,
partagé par endroits, s'étendant jusqu'à Saint-Athanase et bornant aux
lignes américaines. On nous dit que, pour nos visiteurs, une chasse
fructueuse à l'ours vaut un trophée en Europe, incluant une prime de
700,00 $ si le fiel est bien préservé et détaché... Cette chasse à
l'ours a surtout lieu le printemps et les chasseurs utilisent l'ancienne
voie ferrée pour se déplacer; l'automne, ils se restreignent au
territoire de la Baronnie pour ne pas nuire aux chasseurs québécois
(Informations transmises par le M.L.C.P.).
La Z.E.C. Chapais
En 1978, le Gouvernement entreprit de
rendre accessibles à tous les sportifs des territoires de chasse et de
pêche jusqu'alors "clubés", parla création de Sociétés régionales de
gestion de la faune. Dans le territoire de Mont-Carmel, il créa la
Z.E.C. Chapais dite aussi Société de gestion de la faune de Kamouraska,
dont la limite-ouest déborde la limite de la Municipalité et qui
englobait alors les lacs Chaudière, Sainte-Anne et le Lac de l'Est.
Cette initiative créa certains remous auprès des occupants du Lac de
l'Est entre autres, à cause des postes de contrôle sous juridiction
gouvernementale qui entravaient les voies d'accès. Après des pressions
intenses des résidants, campeurs et autres sportifs, on détourna en 1980
la limite de la Z.E.C. de façon à laisser dé zoné un mille de large tout
autour du lac.
Les voies d'accès passent par
Saint-Omer, Sainte-Perpétue et Mont-Carmel. Il y a des postes d'accueil
à Saint-Omer, au lac Sainte-Anne, au Lac de l'Est et au lac Chaudière.
Agents et auxiliaires de la faune veillent au guet et un groupe de
bénévoles s'occupe de la gestion de la Z.E.C.
Se sont succédé à la présidence Arthur Lévesque de Saint-Pacôme, Pierre
Lambert de La Pocatière et Gérard Gagnon de Saint-Gabriel, l'actuel
président.
Le lac Chaudière et
la Société
d'histoire naturelle
Le lac Chaudière est situé à une
douzaine de milles au sud-ouest de Mont-Carmel et on y accède par la
route d'Holliday. C'est une petite merveille naturelle qui fut
découverte vers 1912 par les Power. Ils y construisirent un chalet qui
brûla vers 1918; ils le rebâtirent mais le feu récidiva vers 1930.
Acculés à la faillite, les Power quittèrent les lieux.
(L'information de cette section a été fournie par le docteur Albert
Royer).
La Société d'histoire naturelle, un
groupe d'agronomes et de professeurs de l'Ecole d'agriculture de
Sainte-Anne-de-la-Pocatière, prit possession des lieux et reconstruisit
le chalet en 1940. Le but de l'association était et demeure la
protection et l'exploitation' de la faune régionale.
A l'origine, le chalet était réservé aux membres et le lac, accessible à
tous. Très tôt, le groupe s'agrandit et les professions des adeptes
varièrent. Dès 1951, par exemple, le docteur Royer de Saint-Pacôme y
était intégré et il y construisit une résidence personnelle. Les membres
votèrent pour s'associer vingt-trois personnes au maximum, chiffre
encore respecté de nos jours. La Société érigea un autre chalet pour
répondre aux besoins du club, ce qui fit baptiser les deux camps de camp
neuf et vieux camp. Depuis près de trois ans, une école de trappage est
établie sur le territoire annexé à la Z.E.C. Chapais depuis 1978.
Le conseil actuel est formé de Pierre Lambert de La Pocatière,
président, Jacques Royer de Saint-Nicolas, vice-président, Jacques
Arsenault de La Pocatière, secrétaire, et Bertrand Dumais de La
Pocatière, trésorier. Les membres du Club proviennent de Cap Rouge,
Sainte-Foy, Saint-Nicolas, Montmagny, Saint-Jean-Port-Joli, La Pocatière,
Saint-Paôme et Mont-Carmel.
L'Association des résidants du Lac de
l'Est
Avec l'augmentation du nombre de propriétaires de chalets autour du lac
- il y en a 76 en 1991 -, le besoin se fit sentir de les regrouper dans
une association ayant pour but de donner plus de force et de crédibilité
à leurs revendications auprès des diverses instances municipales ou
gouvernementales. C'est pourquoi, à l'instigation de l'abbé Rosaire
Deschênes du Collège de Sainte-Anne, l'Association des résidants du Lac
de l'Est fut enregistréele 12 octobre 1978 comme organisme sans but
lucratif. (L'information de cette
section vient de Pâquerette Paradis).
Au cours des années, l'Association défendit plusieurs dossiers. Elle
s'adressa souvent à la Municipalité pour qu'elle trouve une solution
valable à l'épineux problème de la cueillette des vidanges au Lac de
l'Est; elle fit souvent des représentations pour l'amélioration de la
route et son entretien l'hiver, entretien souvent remis en cause par la
Municipalité. Autres dossiers actifs: le venue de l'électricité et le
projet en cours pour la remise aux résidants et autres du fonds des
terrains par le ministère Energie et Ressources.
Vers 1980, elle comptait de 25
membres; en 1991, elle en regroupe 55.
Le premier président de l'association
fut Roland Massé de Beauport; lui succédèrent Laurent Samson de Lauzon,
Clément Leblanc de Saint-Pamphile et l'actuel président, Réal Troie de
Saint-Pamphile. En plus de ce dernier, le conseil comprend Hervé Anctil
de Lévis, vice-président, Pâquerette Paradis de Sainte-Foy, secrétaire,
et les administrateurs Denis Anctil de Saint-Pamphile, Nicole Caron de
Saint-Pascal, Colette Dubé-Boucher de Les Saules, Québec, et Lucien
Larochelle de Sainte-Claire de Dorchester.
L'Erablière du Lac de l'Est
En plus de sa vocation touristique et
récréative, le territoire du Lac de l'Est a vu apparaître une importante
corporation d'exploitation de l'érable, l'Erablière du Lac de l'Est.
Cette corporation vit le jour en 1981 après deux réunions infructueuses
tenues en 1980 par Action-Chômage pour regrouper les exploitants
d'érablières du Lac de l'Est. A la troisième tentative, neuf personnes
s'impliquèrent et commencèrent les opérations sur les terres de la
couronne situées à l'ouest du Lac de l'Est. (L'information pour cette
section vient de Raymond Lévesque).
Le premier conseil était composé de Raymond Beaulieu, président, Raymond
Lévesque,- vice-président, Gérald Drapeau, secrétaire, Gilles Dionne,
Yvon Dionne, Réginald Drapeau, Jean-Pierre Barbeau, Alcide Boucher et
Pacôme Boucher, directeurs. Seuls ces deux derniers ont quitté en 1985
et 1986 pour des raisons personnelles.
Les sociétaires consacrèrent les premières années au défrichement, à la
construction d'une cabane à sucre, à l'achat d'équipement et à
l'aménagement d'une voie d'accès. En 1983 débutèrent les opérations
proprement dites avec 5 400 entailles; on en compte aujourd'hui 18 000.
L'Erablière a un employé régulier, Raymond Lévesque, durant les saisons
préparatoires et la période de production. Le sirop est distribué en
barils (entre 60 et 70) à des acheteurs-transformateurs du Québec pour
exportation ou mise en bouteilles.
En 1991, la qualité du sirop produit
fut reconnue dans deux concours. Le premier, tenu à LaPocatière, valut
à l'Erablière une troisième place sur quatre-vingt-dix-neuf
participants; des experts ainsi que cent soixante-quinze personnes y ont
fait les tests.
A la même période, à Rivière-du-Loup
où se déroulait la semaine de commercialisation des produits de l'érable
organisée par le Centre commercial du lieu, l'Erablière du Lac de l'Est
obtint le premier prix dans la catégorie AA.
Bilan
Le Lac de l'Est a beaucoup apporté à
Mont-Carmel et à la région durant la phase de l'exploitation forestière
intensive; il lui rapporte encore beaucoup, maintenant que les vocations
du territoire sont de plus en plus précisées. Et s'il est un fait
notable à souligner, les gens de Mont-Carmel en sont fort conscients,
c'est l'attrait régional et provincial de ce territoire qui ressort
nettement des listes de dirigeants d'organismes publiées dans cette
section. |
|